D'abord, les amateurs méritent le reproche de l'écrivain parce que c'est eux qui déterminent la valeur d'un artiste ou d'un tableau alors qu'ils ne savent pas bien apprécier l'art, ils jugent "à tort et à travers". C'est n'est donc pas leur qualité de critique d'art qui provoque le dédain de l'écrivain—Diderot en était bien un, lui—mais la manière dont ils le font. Deuxième affaire à régler avec cette "race maudite", c'est qu'ils traitent l'artiste avec arrogance, et cherchent à le maintenir dans une pauvreté perpétuelle, car selon eux, pour que l'étincelle du génie d'un artiste ne s'éteigne pas, il faut bien qu'il demeure misérable, pauvre et affamé. Ils profitent de leur autorité pour acquérir les meilleurs tableaux d'un artiste à bas prix. Diderot les accuse aussi de parasitisme, car ils s'intercalent entre le vrai mécène et l'artiste, comme des médiateurs gratuits, s'enrichissant de l'argent que devrait recevoir celui-ci. Curieusement, Diderot s'en prend aussi au désir des amateurs de passer du temps avec l'artiste, de se convoquer dans son atelier ("ce sont ces gens-là [les amateurs]... qui le gênent [l'artiste], le troublent dans son attelier, par l'importunité de leur présence et l'ineptie de leurs conseils").
Il y a quelques contradictions étonnantes. Si, d'une part, Diderot accuse les amateurs de mauvais goût, en revanche il les accuse également de bon goût, car, après avoir pris le temps de faire la connaissance de l'artiste et de s'informer sur son oeuvre, les amateurs en achètent tous les meilleurs ouvrages pour un rien. Qui plus est, il y a quelque chose d'hypocrite dans le propos de Diderot. Comme le dit Pascal, se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher. Diderot a beau vitupérer le métier de l'amateur (cet intrus qui en interprétant de l'art s'insinue malhonnêtement entre le tableau et le spectateur, entre l'artiste et le protecteur), il n'ose pas suggérer qu'on puisse s'en passer tout à fait. Même s'il semble attendre impatiemment leur disparition ("[e]lle [la race des amateurs] à s'éteindre ici, où elle n'a que trop duré et fait trop de mal]"), dans le prochain paragraphe, il associe l'ineptie de leurs conseils au problème plus ample : les moeurs et le goût décadents de la société en général. Cela adoucit un peu son accusation, car, dans une certaine mesure, ce n'est plus les mauvais amateurs qui barrent le passage du progrès de l'art, mais la mauvaise société qui rend mauvais les amateurs. Diderot se rappelle avoir assisté à l'humiliation d'un artiste par un amateur et que, à sa plus grande honte, il a gardé le silence. Ainsi, les propos que Diderot tient sont contradictoires, car il ne peut pas se soustraire complètement au sujet qu'il critique.
aki puro filete sobre la la novela realista francesa
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