aki puro filete sobre la la novela realista francesa

Tuesday, March 23, 2010

illusionnement et désillusion dans Du côté de chez Swann, 152-192

Au niveau de la trame narrative, Du côté de chez Swann se ressemble beaucoup à Bouvard et Pécuchet (ou à un certain roman de Huysmans auquel je tiens particulièrement), puisque des échecs successifs et des épisodes décevants sont constitutifs la diégèse. Les matières romanesques traditionnelles—l'argent, l'amour etc—sont repoussées à l'arrière-plan de la trame. La figure cyclique qui donne une cohérence à la diégèse, c'est le processus d'illusion et de désillusion. Dès le début, le narrateur s'identifie à ce mouvement cyclique. Lorsque sa mère consent à coucher le narrateur alors petit en lui lisant un roman de Sand, il perçoit ce compromis comme « une première abdication de sa part devant l'idéal qu'elle avait conçu pour moi ». Il imagine le spectacle théâtral « d'une façon si peu exacte » qu'il se figure une représentation où tout serait fait dans le but de plaire à lui seul (comble du solipsisme). Il appelant son ancien amour naïf pour le théâtre un « amour platonique », le narrateur évoque l'inaccessibilité de cet amour idéal. De même, il y a un décalage entre l'image que le narrateur forme de la duchesse de Guermantes (« je me la représentais avec les couleurs d'une tapisserie ou d'un vitrail ») et son véritable corps. Ce décalage (dont la « déception » de la part du narrateur « était grande ») entre le 'vraisemblable' apparence de la duchesse et sa réelle apparence ne signale pas qu'elle soit partagée entre deux identités, mais plutôt la nature double du narrateur. Au lieu d'organiser ses opinions autour de la vie réelle, le narrateur commence toujours par l'idéel illusoire pour pouvoir ensuite retomber plus avec plus de certitude dans la désillusion.