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Thursday, September 24, 2009

Le Discours de la méthode et la Disproportion de l'homme

Chez Descartes le rêve d'aller à la base de l'existence des choses, de les décortiquer en de plus petits morceaux, d'en venir à des connaissances fermes et inébranlables, s'oppose à la vertige que donnent ces longues chaînes d'arguments qui ne tiennent pas debout mais qui pourtant se font passer pour des connaissances véritables. Pour la pensée cartésienne, le doute ne constitue donc pas vraiment une aporia—un blocage dans le raisonnement qui peut pourtant résulter utile lorsqu'il donne à s'interroger sur les limites d'un discours. Douter l'existence de soi-même ne conduit pas Descartes à réfléchir sur ce qui signifie 'exister', mais plutôt le doute mène à la reaffirmation de la certitude de l'existence. Autrement dit, le doute chez Descartes sert à établir des connaissances indubitables.

Par contre, chez Pascal la prise de conscience des limites propres à l'esprit humain (les 'proportions' par rapport auxquelles l'homme se situe entre l'infini et le néant) ne l'aide pas à la recherche de savoir qui obsède l'homme. Cette prise de conscience mène à la négation de l'utilité des connaissances, et à l'affirmation de la futilité de la recherche de connaissances fermes. Pascal dit: "nous brûlons de désir de trouver une assiette ferme, et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s'élève à l'infini; mais tout notre fondement craque, et la terre s'ouvre jusqu'aux abîmes. [...] Si l'homme s'étudiait le premier, il verrait combien il est incapable de passer outre."

En peu de mots, Descartes prétend que si on aborde les choses en prenant de petits pas, précis et soigneux, on peut tirer du chaos qu'est le monde des perceptions des connaissances sûres et vraies; le doute n'est qu'un outil pour y parvenir. Pascal, d'autre part, exhorte: "connaissons donc notre portée". Pourtant, cette prise de conscience aporétique ne va pas étancher notre soif inépuisable de savoir.

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