aki puro filete sobre la la novela realista francesa

Thursday, September 17, 2009

des cannibales

À premiere vue, l'essai de Montaigne semble nous fournir un exemple precoce du noble sauvage roussauvien, celui qui, grâce au manque absolu des activités qui caractérisent la culture occidentale (le commerce, l'esclavage, le mensonge), vit une existence presque utopique, achevant ainsi l'idéal de l'utopie platonicienne, voire encore plus parfaitement que Platon lui-même n'ait su le décrire. Cependant quelques sources d'ambiguïté viennent compliquer, ou enrichir, ce qui pourrait se lire comme un simple éloge de la simplicité et du naturel du cannibale, et par conséquent une critique de la culture natale de l'écrivain.

Au début, Montaigne prétend que chez les cannibales "les paroles mesmes qui signifient la mensonge, la trahison, la dissimulation, l'avarice, l'envie, la detraction, le pardon" sont "inouïes". Dans ce sens, le cannibale se différencie de l'Européen par rapport à des différences culturelles ; dans la mesure où le mot barbare signifie "qui parle de manière différente", comme Montaigne lui-même le remarque, les cannibales sont bien des barbares. L'européen et le cannibale mènent des existences fondamentalement différentes. Par contre, Montaigne ne se lasse pas de qualifier le cannibale de 'plus catholique que le pape' : les chansons que chantent les cannibales avant que leurs ennemis ne les mangent, Montaigne les considère "invention qui ne sent aucunement la barbarie" (Montaigne peut être très drôle). En opposant le cannibalisme aux tortures qui s'employaient lors des guerres de religion, Montaigne note que "il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu'à le manger mort, a deschirer, par tourmens et par geénes un corps encore pleine de sentiment". En somme, ce n'est pas que les cannibales soient intrinsèquement différents des Européens, plutôt les cannibales les battent à leur propre jeu.

Je signale aussi, comme fait humoristique, qu'il y a des passages où Montaigne semble se moquer des rituels de guerre des cannibales. Quand j'ai lu cette phrase du festin qui se fera à leurs despens ca m'a fait mourir de rire. Aussi cette phrase-là où il parle des chansons cannibales qui "ne sent aucunement la barbarie", ca fait penser aussi au senteur de chair humaine rôtissante.

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