Le raisonnement du prince repose sur deux hypothèses. La première affirme que le comportement de la princesse est artifiel et affecté, mais qu'il sert à représenter, dans un sens, ses vrais sentiments. La deuxième propose que le comportement adopté par la princesse indique le manque de passion plus clairement qu'il n'en montre la présence. Quant à la première hypothèse, en principe, le prince n’est pas malheureux à cause de la fausseté inhérente a ces apparences-là. C’est-à-dire, il n’est pas comme un Alceste, se plaignant sans cesse de la duplicité et l’hypocrisie de tout décalage entre la pensée et la parole. Le prince n’est pas un moraliste manichéen. Il semple accepter sans difficulté que le comportement adopté par sa femme soit un système représentatif d’apparences sociales, et il n’exige point que sa femme fasse tous qu’elle pense. Ce qui le dérange, c’est la deuxième proposition. Il croit que les respectueuses apparences que sa femme lui rend représentent son indifférence plutôt que sa passion. Selon le prince, la bienséance peut fonctionner de deux manières complètement différentes. D’un côté, la bienséance peut servir à limiter la passion jusqu’à ce qu’elle devienne un espèce de respect ou bonté. De l’autre, la bienséance peut servir à cacher l’indifférence en la déguisant comme le respect. En somme, le prince suppose que la bienséance sert toujours à exagérer les proportions des sentiments.
Cependant, la princesse semble ignorer ou ne pas comprendre ce raisonnement. Est-ce qu'elle ne conçoit pas la bienséance comme un système représentatif? C'est-à-dire, peut-être la princesse ne considère-t-elle pas qu'il y ait aucune distinction entre les apparences et les sentiments. Une autre question: sont-elles justifiées et bien fondées les accusations du prince, ou est-ce qu’il demande l’impossible ?

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