(je vous prie de pardonner le titre en peu 'paper topic' de ce post)
J'ai toujours été étonné que tellement de lecteurs de Flaubert trouvent en lui un grand romancier réaliste. Car on sait qu'il existe un mythe autour de la figure de l'écrivain flaubertien, un mythe dont tout lecteur a entendu parler, même celui qui n'a pas encore lu aucun de ses ouvrages. Il s'agit d'un auteur soumis aux supplice d'un processus d'écriture presque masochiste, obsédé jusqu'à la défaillance physique par les exigences du beau style et par la tortueuse recherche du mot juste ; un soigneux peintre de la vie motivé par l'unique souci d'entrer dans le vif du réel, en choisissant le mot exact, la construction précise, la phrase révélatrice.
Pourtant, les procédés humoristiques du texte semblent signaler constamment caractère artificiel de l'entreprise romanesque. Pour faire mieux comprendre le sujet qui m'intéresse, je pose d'abord la question, qu'est-ce qu'il y a de comique dans la narration ? Comment et pourquoi nous font-ils rire les commentaires du narrateur ? Au fond, l'humour de Flaubert repose sur la citation : il ne manipule ni change les mots qu'il fait dire à ses personnages, ou plutôt, l'humour ne repose pas sur un changement lexique. Il ne tourne pas en ridicule les propos de ses personnages en les reformulent, ou même en les commentant. Le narrateur n'insulte directement jamais. Au contraire, il tourne en ridicule leurs propos en les citant. Quand il ajoute l'éclaircissement que la femme de Charles « déjoua même fort habilement les intrigues d'un charcutier qui était soutenu par les prêtres », qu'y a-t-il de rigolo à faire concurrence à un charcutier, ou dans le fait que celui-ci soit « soutenu par les prêtres » ? Pourquoi la phrase, « Débarrassez-vous donc de votre casquette, dit le professeur, qui était un homme d'esprit » se prête à rire ? D'une part, il s'agit de l'emploi du style indirecte libre. Flaubert reproduit les propos des personnages par le biais de son propre esprit, c'est-à-dire en ses propres termes. D'autre, il y a quelque chose de vaguement burlesque—c'est-à-dire, qui travestit un discours dont le registre est 'noble' en y mêlant du vulgaire—à réunir dans une même phrase une partie qui constate un fait vraisemblable et parfaitement quotidien, voire légèrement honteux (l'incivilité du propos du professeur, le fait que l'autre prétendant soit un charcutier) avec une autre qui consiste toujours à louer un peu trop l'événement ou le personnage évoqué par la première. Autrement dit, à travers l'emploi du style indirect libre, Flaubert crée un récit burlesque qui fait remarquer son propre caractère artificiel et fabriqué. Le rire flaubertien renvoie à l'artifiel du texte.
aki puro filete sobre la la novela realista francesa
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